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Market Analysis07-juil.-2026 14:42:387 min read

Évolution du marché de l'énergie en juin 2026

Les tensions géopolitiques et la vague de chaleur rendent les marchés de l’énergie particulièrement volatils

Deux évolutions majeures ont fortement influencé les marchés de l’énergie en juin. Au cours de la première moitié du mois, l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran a entraîné une baisse des prix de l’énergie, une partie de la prime de risque géopolitique disparaissant du marché. Plus tard dans le mois, les tensions sont toutefois remontées, effaçant en partie cette baisse des prix.

Parallèlement, une vague de chaleur exceptionnelle a fortement marqué les marchés européens de l’énergie. Les températures extrêmes, la forte baisse de la production éolienne et l’augmentation de la demande d’électricité pour le refroidissement ont provoqué d’importantes fluctuations des prix sur le marché spot. Les prix de l’électricité ont ainsi atteint temporairement des niveaux records durant les heures de pointe en soirée.

Electricite-headers

Les prix à terme de l’électricité ont légèrement reculé en juin, de 0,38 %. Cette évolution s’explique principalement par la baisse des prix du gaz, du charbon et des quotas d’émission de CO₂.

À partir de la mi-juin, cette tendance baissière s’est toutefois ralentie. La persistance de fortes chaleurs a entraîné une hausse importante de la demande d’électricité dans une grande partie de l’Europe, tandis que la production éolienne a fortement diminué. Les centrales à gaz et à charbon ont donc dû être davantage sollicitées pour répondre à cette demande accrue. Leurs coûts de production étant supérieurs à ceux des énergies renouvelables, le coût de production de l’électricité a augmenté. En outre, les limitations de production des centrales nucléaires françaises, liées à la température élevée des eaux de refroidissement, ont exercé une pression supplémentaire à la hausse sur les prix. Au final, la baisse des prix sur les marchés à terme est donc restée limitée.

Cette évolution montre que le marché de l’électricité n’est plus uniquement influencé par les prix du gaz, mais également par les prix du CO₂, la disponibilité des capacités de production conventionnelles et les limitations de la production nucléaire française pendant les périodes de forte chaleur.

De fortes chaleurs et une faible production éolienne entraînent une forte volatilité sur le marché spot 
Le marché spot de l’électricité a, en revanche, enregistré une nette hausse des prix en juin. Si la production solaire a progressé de 7,1 %, cette augmentation n’a pas compensé la baisse de la production éolienne. Sur l’ensemble du mois, la production d’énergie éolienne a toutefois été supérieure d’environ 34 % à celle du mois précédent. Les conditions de vent se sont progressivement améliorées au cours de juin, ce qui a permis d’atteindre un niveau de production plus élevé sur l’ensemble du mois.

Dans le même temps, la température moyenne en Belgique a augmenté d’environ 4 °C par rapport au mois de mai. Au cours de la seconde moitié de juin, les températures ont encore progressé, avec une moyenne proche de 10 °C supérieure à celle observée durant la première quinzaine du mois. À la fin du mois, la Belgique a en outre connu une véritable vague de chaleur, avec des températures atteignant ou dépassant 35 °C dans de nombreuses régions les 24, 25 et 26 juin.

Cette combinaison de températures exceptionnellement élevées, d’une forte hausse de la demande d’électricité liée à la climatisation et d’une faible production éolienne a fortement déséquilibré le marché de l’électricité. En particulier durant les heures de soirée, lorsque la production solaire disparaît et que le vent reste faible, les centrales électriques conventionnelles doivent compenser cette baisse de production. Les prix de l’électricité peuvent alors augmenter très rapidement.

Ce phénomène a été particulièrement visible le 24 juin, lorsque le prix quart-horaire belge a atteint 1 038,25 €/MWh à 20 h 45. Cette hausse des prix s’est également traduite par une diminution du nombre d’heures à prix négatifs. En juin, le marché a enregistré seulement 39 heures à prix négatifs, soit 19 de moins qu’en mai et 88 de moins qu’en juin de l’année dernière.

Gaz-headers

Les prix du gaz sur les marchés à terme ont reculé de 2,13 % en juin. Tout au long du mois, le marché est resté fortement influencé par l’évolution de la situation autour du détroit d’Ormuz. L’annonce du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran a d’abord entraîné une baisse des prix, les acteurs du marché anticipant un risque moindre de perturbation de l’approvisionnement énergétique mondial. Plus tard dans le mois, la reprise des tensions a toutefois provoqué le retour d’une partie de la prime de risque géopolitique.

Dans le même temps, les stocks européens de gaz sont restés relativement faibles. Fin juin, ils étaient remplis à environ 49 %. Bien que ce niveau soit supérieur d’environ 8 % à celui de fin mai, il restait inférieur d’environ 15 % à la moyenne des cinq dernières années. Le marché est donc demeuré sensible à toute nouvelle perturbation de l’approvisionnement en gaz vers l’Europe. Les acteurs du marché sont également restés attentifs à la disponibilité du GNL, aux exportations de gaz norvégien et au rythme de remplissage des stocks européens avant l’hiver.

Des prix spot en baisse malgré le recul des importations de GNL

Les prix spot du gaz ont légèrement diminué en juin. Au début du mois, les exportations norvégiennes ont été perturbées par des travaux de maintenance planifiés sur plusieurs installations de production. À mesure que ces opérations se sont achevées, la capacité d’exportation est remontée jusqu’à environ 93 % en fin de mois, augmentant ainsi les volumes disponibles pour le marché européen.

Parallèlement, les importations européennes de GNL ont atteint leur niveau le plus bas depuis plus de 21 mois. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz limitaient déjà depuis un certain temps les flux de GNL, tandis que les opérations de maintenance sur plusieurs terminaux américains d’exportation réduisaient temporairement les volumes disponibles.

En outre, une vague de chaleur en Asie a fortement stimulé la demande de GNL pour la production d’électricité. Les acheteurs asiatiques étaient disposés à payer des prix plus élevés, ce qui a détourné davantage de cargaisons de GNL vers l’Asie au détriment de l’Europe. La disponibilité du gaz naturel liquéfié est donc restée limitée sur le marché européen.

Carburants-headers

Pétrole

Le prix du pétrole a reculé de 20,8 % par rapport à la fin du mois de mai, sous l’effet de la disparition d’une grande partie de la prime de risque. Les progrès des discussions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran et la reprise progressive du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé la confiance des marchés quant à une diminution du risque de perturbations majeures de l’approvisionnement mondial en pétrole.

Charbon

 Le prix du charbon a lui aussi fortement reculé, de 10,0 %. La baisse des prix du gaz et l’amélioration du sentiment de marché ont pesé sur les prix du charbon. La demande est toutefois restée modérée pendant la majeure partie du mois. Ce n’est qu’au cours de la vague de chaleur que le recours accru aux centrales conventionnelles a entraîné une légère augmentation de la demande de charbon, limitant partiellement cette baisse. 

CO2

 Le prix des quotas d’émission de CO₂ a terminé le mois quasiment stable, avec une légère baisse de 0,6 %. Durant le mois de juin, le recours accru aux centrales à gaz et à charbon pendant la vague de chaleur a temporairement soutenu la demande de quotas d’émission. Dans le même temps, le marché est resté prudent dans l’attente des propositions de la Commission européenne concernant la révision du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS), limitant ainsi les mouvements de prix. 

Perspectives

 Bien que les tensions géopolitiques se soient quelque peu apaisées ces dernières semaines, les marchés de l’énergie restent sensibles à toute nouvelle évolution au Moyen-Orient. Ils demeurent également tributaires des conditions météorologiques, de la disponibilité du GNL, de la production nucléaire française ainsi que du rythme de remplissage des stocks européens de gaz avant l’hiver. Dans ce contexte, tant les marchés à terme que les marchés spot devraient rester volatils dans les semaines à venir.

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