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Évolution du marché de l'énergie en juillet 2026

Rédigé par Market Analysis | 4 août 2026, 14:31:51

Incertitude géopolitique et chaleur maintiennent la volatilité des marchés de l’énergie en juillet

Résumé
Le marché de l’énergie est resté volatil tout au long du mois de juillet. Alors que les prix moyens de l’électricité sur le marché spot ont légèrement reculé, les prix à terme du gaz et de l’électricité ont fortement augmenté.

Le regain des tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz, la disponibilité limitée du GNL et le niveau relativement faible des stocks européens de gaz ont fortement soutenu les prix du gaz. Dans le même temps, les vagues de chaleur répétées ont continué d’influencer le marché de l’électricité. La hausse de la demande liée au refroidissement, les restrictions de la production nucléaire en raison de la température élevée des eaux de refroidissement et les faibles niveaux des cours d’eau ont rendu le marché de l’énergie plus sensible aux périodes de faible production d’électricité éolienne et solaire.

Des prix moyens sur le marché spot en baisse, mais une volatilité accrue
Le prix moyen de l’électricité sur le marché spot belge a légèrement reculé en juillet par rapport au mois de juin, pour s’établir à 109,25 €/MWh. La baisse a été particulièrement marquée durant les heures de pointe, avec un prix moyen inférieur de plus de 20 €/MWh à celui du mois précédent.
Derrière cette moyenne mensuelle plus faible se cachait toutefois un marché particulièrement volatil. Le mois a débuté avec des prix proches de 100 €/MWh, avant une hausse à la mi-juillet puis une forte progression au cours de la dernière semaine. La baisse de la production éolienne a conduit à un recours accru aux centrales électriques au gaz et au charbon pour répondre à la demande d’électricité. Le prix moyen hebdomadaire a ainsi atteint environ 118 à 120 €/MWh.

La production d’électricité renouvelable est restée le principal moteur des mouvements de prix. Une production abondante d’énergie éolienne et solaire a régulièrement fait baisser les prix, notamment durant les week-ends et autour de midi. En revanche, lorsque la production éolienne diminuait, la production d’électricité à partir de sources conventionnelles, plus coûteuses, augmentait.

La chaleur et les faibles niveaux d’eau limitent la production d’électricité
Les vagues de chaleur répétées ont influencé à la fois la demande et l’offre d’électricité. Durant les périodes les plus chaudes, la consommation d’électricité a augmenté en raison des besoins accrus en climatisation. Parallèlement, les températures élevées des cours d’eau ont limité la production des centrales nucléaires, notamment en France. La disponibilité de l’énergie nucléaire a ainsi diminué, alors qu’elle constitue habituellement une source de production stable et relativement bon marché. Les exportations françaises d’électricité vers les pays voisins ont également reculé, ce qui a contribué à soutenir les prix de l’électricité.

Les faibles niveaux d’eau du Rhin ont également eu un impact sur le marché de l’énergie. Les barges ont pu transporter moins de charbon et d’autres matières premières, entraînant une hausse des coûts de transport. Les producteurs d’électricité ont pu compter en grande partie sur leurs stocks existants, mais certaines entreprises industrielles ont dû réduire leur production en raison des difficultés d’approvisionnement.

Les prix à terme poursuivent leur hausse
Les prix à terme de l’électricité ont également progressé en juillet. Le contrat Cal-27 a augmenté de 10,8 %. La hausse des prix du gaz est restée le principal facteur de soutien, tandis que les vagues de chaleur répétées, la disponibilité réduite du parc nucléaire français et les contraintes liées aux faibles niveaux d’eau en Europe ont renforcé cette tendance.

Bien que les prix de l’électricité aient suivi la hausse des prix du gaz, leur progression est restée relativement limitée grâce à la contribution continue de la production au charbon, de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables.

Les tensions géopolitiques font fortement grimper les prix du gaz
Les prix du gaz ont fortement augmenté en juillet. Le prix du contrat pour livraison le mois suivant a progressé de 33,2 %, tandis que le contrat pour livraison en 2027 a augmenté de 21,4 %. Le marché a ainsi montré que les inquiétudes concernant l’approvisionnement en gaz persistent tant à court qu’à plus long terme. Pour les années de livraison plus éloignées, les hausses de prix sont toutefois restées plus limitées.

Cette hausse s’explique principalement par le regain d’incertitude autour du détroit d’Ormuz. L’intensification des tensions dans la région a ravivé les craintes de retards ou de perturbations des livraisons de GNL, comme cela avait déjà été le cas plus tôt cette année. Bien qu’aucune interruption majeure de l’approvisionnement ne se soit produite, cette incertitude accrue a suffi à faire fortement progresser les prix du gaz. La hausse de la prime de risque géopolitique a joué un rôle déterminant, tout comme l’augmentation des coûts de transport et d’assurance.

Vers la fin du mois de juillet, les inquiétudes se sont quelque peu atténuées grâce aux avancées diplomatiques, ce qui a permis aux prix du gaz de se stabiliser. L’incertitude est toutefois restée présente, maintenant la sensibilité du marché à de nouveaux développements géopolitiques.

Les stocks européens de gaz restent inférieurs à la moyenne saisonnière
Les stocks européens de gaz ont continué à se remplir au cours du mois de juillet, atteignant un taux de remplissage d’environ 57 % à la fin du mois. Bien que ce niveau soit supérieur à celui observé plus tôt durant l’été, il reste nettement inférieur à la moyenne saisonnière, qui se situe autour de 70%.

L’Europe doit donc encore constituer d’importants volumes de gaz avant l’hiver. Tant que les niveaux de stockage resteront inférieurs à la normale, le marché demeurera particulièrement sensible aux perturbations de l’approvisionnement. Tout retard dans les livraisons de GNL ou toute interruption imprévue des importations de gaz pourrait ainsi avoir un impact plus important que d’ordinaire sur les prix.

Au cours des prochains mois, le rythme de remplissage des stocks européens de gaz, les évolutions au Moyen-Orient, la disponibilité du GNL ainsi que d’éventuelles perturbations des installations gazières norvégiennes resteront les principaux facteurs influençant le marché du gaz.

Pétrole

Le prix du pétrole a augmenté de 23,6 % en juillet par rapport au mois de juin. Cette hausse s’explique principalement par le regain des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz. À mesure que les inquiétudes concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement mondial en pétrole augmentaient, les prix du pétrole ont poursuivi leur progression. En fin de mois, les prix ont légèrement reculé à la faveur des avancées diplomatiques, qui ont permis d’atténuer une partie de l’incertitude. Les prix sont toutefois restés nettement supérieurs à ceux du début du mois de juillet, preuve que les risques géopolitiques continuent d’être intégrés dans les cours. Les prix du pétrole demeurent extrêmement volatils et très sensibles aux évolutions et aux annonces concernant le conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Charbon

Le prix du charbon a augmenté de 12,9 % en juillet. La hausse des prix du gaz a renforcé la compétitivité des centrales au charbon, stimulant ainsi la demande. Dans le même temps, les vagues de chaleur répétées et les périodes de faible production éolienne ont réduit la production d’électricité renouvelable, nécessitant un recours plus fréquent aux centrales conventionnelles. Cette hausse du prix du charbon a toutefois eu un impact limité sur les prix de l’électricité, les centrales au charbon ne jouant plus qu’un rôle relativement limité dans la production d’électricité en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.

CO2

Comparé aux marchés du gaz et de l’électricité, le marché du CO₂ est resté relativement stable en juillet. Le prix des quotas européens d’émission a progressé de 1,4 %. Le recours soutenu aux centrales électriques au gaz et au charbon a continué de soutenir la demande de quotas d’émission. Dans le même temps, le ralentissement de l’activité industrielle a limité toute nouvelle hausse des prix, de sorte que le marché du CO₂ est resté nettement plus stable que ceux du gaz et de l’électricité.

Perspectives

Au cours des prochains mois, le marché de l’énergie devrait rester volatil. Les acteurs du marché continueront de suivre de près les évolutions au Moyen-Orient, le niveau des stocks européens de gaz et les conditions météorologiques. Toute perturbation des approvisionnements en GNL ou toute période prolongée de fortes chaleurs et de faible production éolienne pourrait continuer d’influencer les prix du gaz et de l’électricité au cours du mois d’août.